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: SCANDALES FRANÇAIS
Chapitre : IV°) CORRUPTION ET APPELS D'OFFRES
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04-46°) L'affaire Jean Pierre Destrade et Jean Glavany, directeur de campage de Jospin:

Après la droite cernée par les affaires, la gauche est aussi cernée pardes affaires sur lesquelles la presse télé ne souhaite pas trop s'étendre. Souhaitant faire preuve d'impartialité, c'est pour cette raison que je tape un coup à droite un coup à gauche pour démontrer que des deux bords, tout le monde à quelque chose à se reprocher.
 
 
Les agendas de M. Destrade
28 janvier 2002 : Madame Destrade parle
23 novembre 2001 : Opération de déstabilisation autour de Jospin
20 novembre 2001 : Lionel Jospin plaide non coupable
07 novembre 2001 : Le Premier ministre Lionel Jospin entendu comme témoin

L'enquête sur l'affaire Destrade continue d'embarrasser le Parti socialiste et ses dirigeants. Hervé Gattegno, Le Monde, 15 mai 2001, p. 12

Dans l'nquête instruite à Pau sur le financement du Parti Socialiste par la grande distribution,  les agendas de Jean-Pierre Destrade mentionnent 8 rendez-vous avec Pierre Moscovici en 1993 et 1994, lorsque celui-ci était trésorier du PS. Ces mêmes agendas signalent deux rencontres avec Richard Moatti, alors membre de la commission des finances du PS, dont une, le 28 février 1990, "chez M. Jospin".
 

L'ÉLYSÉE suit le dossier avec une attention persistante. Depuis que la cohabitation s'est tendue et que les juges se sont ouvertement lancés sur les traces du président de la République, les conseillers de Jacques Chirac fondent sur l'instruction de l'"affaire Destrade" l'assurance d'une paix armée avec Matignon. Visiblement renseigné, le chef de l'Etat lui-même en évoque parfois les détails avec gourmandise, assurent deux députés de l'opposition qui disent en avoir été témoins. Mis en examen depuis le mois de janvier 1995, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), Jean-Pierre Destrade, ancien député et ancien porte-parole du Parti socialiste, a livré de nombreux éléments accréditant l'existence d'un financement occulte du PS par les groupes de distribution commerciale, en marge des autorisations d'implantation de grandes surfaces.

Parfois imprécises et contradictoires, les explications de M. Destrade ont pu être vérifiées sur plusieurs points d'importance. Certains dirigeants de grandes enseignes commerciales ont ainsi admis, devant le juge d'instruction de Pau, Thierry Pons, le versement de contreparties financières destinées aux partis politiques - et des membres des groupes Auchan, Casino, Rallye, Promodès et Carrefour ont été mis en examen. Trois cadres du PS chargés des questions de financement ont également été poursuivis, ainsi que l'ancien trésorier du parti, Henri Emmanuelli, dont M. Destrade assure avoir été l'émissaire, de 1988 à 1992. Dans l'organigramme du PS comme dans le temps, l'enquête n'est pas allée au-delà.

"Ces questions de financement n'étaient pas débattues au sein des instances du PS, assurait au juge M. Destrade, en 1999. Le trésorier était un homme seul..." Après la publication, dans Le Figaro, de propos impliquant "la direction nationale" du PS, M. Destrade a précisé, devant le juge, le 19 février, avoir été "missionné par M. Emmanuelli courant octobre 1988, alors qu'il était devenu le numéro deux du PS, au moment où Pierre Mauroy a succédé à Lionel Jospin", ajoutant qu'il n'avait "jamais discuté avec un quelconque autre membre du PS de ces problèmes de financement".

Saisis par la police en 1995, alors que l'ancien député était incarcéré, les agendas de M. Destrade laissent pourtant entrevoir d'autres contacts ultérieurs, sur lesquels il n'a pas été interrogé. Ils mentionnent en effet huit rendez-vous, dont plusieurs "au parti", avec Pierre Moscovici en 1993 et 1994 - donc quand celui-ci était trésorier du PS. M. Destrade avait alors quitté toute fonction officielle au sein du PS, mais avait été appelé par M. Emmanuelli à la présidence de l'Assemblée nationale, avec un titre de "conseiller technique" qui lui ouvrait encore la porte de quelques éminences socialistes - dont plusieurs ministres de l'époque.

"Je n'ai jamais parlé avec M. Destrade d'aucune affaire relative au financement des partis", a répondu au Monde M. Moscovici, aujourd'hui ministre délégué chargé des affaires européennes. Estimant "peu crédible" l'accumulation de ces entrevues, il a indiqué avoir "souvent rencontré M. Destrade, pendant les vacances", alors qu'il séjournait à Biarritz. "M. Destrade était un élu sympathique, qui me rendait visite en voisin, me proposait des places de corrida, rien de plus", précise-t-il, ajoutant qu'il avait "découvert dans la presse", en 1995, le rôle que s'attribue l'ex-député dans le financement du PS.

"INVENTÉES DE TOUTES PIÈCES"
Les mêmes agendas - hormis celui de 1992, resté introuvable - signalent aussi deux rendez-vous avec l'homme d'affaires Richard Moatti, alors membre de la commission de contrôle des finances du PS et ami personnel de Lionel Jospin (lire ci-dessous). Présenté par M. Destrade comme ayant joué auprès du groupe Carrefour "le même rôle que -lui-même- remplissait auprès des autres enseignes", M. Moatti a contesté les déclarations de l'ancien député, affirmant que les mentions retrouvées dans ses agendas - dont l'une indique, à la date du 28 février 1990, un déjeuner "chez M. Jospin" - avaient été "inventées de toutes pièces". Mis en examen, le 16 février 2000, pour "complicité et recel de trafic d'influence", l'homme d'affaires a aussi nié s'être rendu à Montpellier, en mai 1990, pour y traiter un dossier relatif à l'implantation d'un magasin Carrefour. Mais la présence, dans son propre carnet d'adresses, des numéros de téléphone de M. Destrade - dont certains périmés depuis 1988 - paraît attester des relations anciennes que M. Moatti s'est efforcé de minimiser.

L'examen d'une opération de Carrefour, à Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), en 1989, a corroboré les propos de M. Destrade sur un autre point. Ainsi qu'il l'avait suggéré, un versement - de 1 million de francs - avait été effectué en marge de ce projet au profit d'Urbatechnic, bureau d'études qui servait alors de plaque tournante au financement du PS. L'ancien PDG d'Urba, Gérard Monate, a modéré les accusations qu'il avait spontanément portées contre M. Emmanuelli (Le Monde du 26 avril), mais l'un de ses anciens adjoints a confirmé le principe d'un prélèvement sur les attributions de grandes surfaces conforme aux descriptions de M. Destrade. Au point que l'avocat de ce dernier, Me Thierry Sagardoytho, assure que le "système" décrit par l'ex-député "n'est plus sérieusement contestable". Les dirigeants du PS en pensent peut-être autant : aux dernières élections cantonales, ils ne lui ont pas donné l'investiture, mais n'ont présenté aucun candidat contre lui. Conseiller général sortant, M. Destrade a été réélu, le 19 mars, avec 57,5 % des voix.

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AFFAIRE DESTRADE. Opération de déstabilisation autour de Jospin
Une fausse lettre mettant en cause le Premier ministre et son ami Richard Moatti a été découverte lors d'une perquisition en mars 2000. Une plainte a été déposée pour tenter d'identifier le ou les auteurs de cette manipulation.

EN MARGE de l'affaire Destrade, le juge Pons de Pau a découvert une savante tentative de déstabilisation de Lionel Jospin. Un courrier signé du géant de la distribution Auchan mettant en cause « Richard Moatti, ami personnel et proche conseiller de Lionel Jospin », a été retrouvé lors d'une perquisition. Or, il s'avère être un faux subtil, rédigé après coup. Qui en est à l'origine ? Un corbeau bien renseigné ? Une officine quelconque souhaitant mettre en cause le Premier ministre ? D'anciens socialistes réglant des comptes ? Toutes les hypothèses restent ouvertes. Quoi qu'il en soit, Richard Moatti, l'homme d'affaires mis en cause dans l'enquête sur le financement présumé occulte du PS via l'implantation de grandes surfaces, décide de contre-attaquer. Après avoir demandé en vain durant l'été un non-lieu, il dépose aujourd'hui plainte pour « faux et usage », à quelques semaines d'une confrontation avec Jean-Pierre Destrade. Cette plainte, confiée au doyen des juges d'instruction de Pau, Christian Mirande, permettra peut-être de démasquer le ou les auteurs de la manipulation. Quel qu'il soit. Y compris à gauche. « En choisissant de se défendre, Moatti envoie un avertissement au PS », glisse un observateur du dossier.

« Un souvenir de mon passage au ministère »
Tout démarre en décembre 1998. Un mystérieux corbeau écrit au juge Pons et lui suggère d'entendre Patrick Francoz, l'ancien directeur de cabinet de Gilbert Baumet, secrétaire d'Etat socialiste au Commerce et de l'Artisanat dans le dernier gouvernement Bérégovoy, entre 1992 et 1993. En mars 2000, les policiers sonnent finalement chez Patrick Francoz, dans le sud de la France. Magistrat, ancien membre de la chambre régionale des comptes de Marseille, et actuellement en poste au tribunal administratif de Montpellier, Patrick Francoz se retrouve en garde à vue. Chez lui, les enquêteurs tombent sur un courrier signé du directeur du développement d'Auchan. Daté du 27 octobre 1992, et adressé à Gilbert Baumet, le courrier est une demande d'intervention afin d'obtenir une ouverture de grande surface à Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône). Mais surtout, le cadre d'Auchan écrit : « Richard Moatti, un ami personnel et proche conseiller de Lionel Jospin, porte nos intérêts. » Les enquêteurs sont alors persuadés de détenir la preuve de l'influence de Moatti dans les opérations commerciales et, derrière, l'ombre du Premier ministre. En février 2000, l'homme d'affaires vient d'être mis en examen pour « recel d'abus de biens sociaux, recel et complicité de trafic d'influence ». Mais cette lettre s'avère être un faux. Rédigé sur du papier à en-tête d'Auchan, le document comporte un numéro du registre du commerce qui n'existait pas en 1992. Qui l'a rédigé ? Dans quel but ? Patrick Francoz reste sans explication. Il affirme avoir reçu le document bien après son départ du ministère, « en 1999 ». « J'aurais peut-être dû être de le jeter, mais je l'ai conservé dans un album photo souvenir de mon passage au ministère », nous explique-t-il. Gilbert Baumet, jamais interrogé dans l'enquête, nous assure n'avoir jamais reçu Richard Moatti et « s'être opposé au projet Auchan de Bouc-Bel-Air ». Enfin, Richard Moatti nous assure tomber des nues et être étranger à l'opération citée. L'ami de Lionel Jospin, aujourd'hui interdit de séjour à Matignon, veut savoir qui a monté cette manipulation. Dans sa plainte, l'homme d'affaires suggère, à demi-mot, toutes les pistes. Il cite le nom d'un actuel ministre fabiusien, qui aurait contacté le cabinet Gilbert Baumet à l'époque, pour savoir « s'il détenait des informations précises sur les projets de grandes surfaces en cours ». Interrogé hier, le ministre cité, jamais entendu dans le dossier Destrade, nous a indiqué « ne s'être jamais occupé de grandes surfaces ».
Christophe Dubois et Laurent Valdiguié, Le Parisien , vendredi 23 novembre 2001

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FINANCEMENT DU PS. Lionel Jospin se défend face au juge
Face au juge de Pau Thierry Pons, venu l'interroger en tant que simple témoin à son domicile parisien, Lionel Jospin a affirmé avoir « appris par la presse » les prétendues collectes de fonds occultes réalisées pour le Parti socialiste.

DES QUESTIONS précises, des réponses brèves. Le tête-à-tête entre le juge Pons et Lionel Jospin, qui s'est déroulé le mardi 20 novembre 2001 entre 19 h 30 et 21 heures, tient en deux pages. Le Premier ministre a été entendu comme témoin à son domicile personnel, rue du Regard à Paris (VIe arrondissement). Le juge d'instruction voulait recueillir ses explications sur une affaire de financement occulte du PS et de l'ex-MRG par la grande distribution. Principal accusateur : Jean-Pierre Destrade, ex-député (1981-1988) et ancien porte-parole du PS.
Première question : « Quelles étaient vos fonctions à l'époque des faits visés par la procédure ? » « Ministre de l'Education nationale entre 1988 et 1992. » Une fonction qui l'éloigne de toute question de financement politique. « Quelles étaient vos liens avec Jean-Pierre Destrade ? » poursuit le juge. « Je le connais bien comme élu et responsable socialiste », souligne Lionel Jospin, qui reconnaît avoir entretenu des « relations cordiales » avec lui, mais l'a « beaucoup moins vu en 1988 ». Ce que semblent confirmer les agendas saisis chez Jean-Pierre Destrade (voir ci-dessous).
 
 
 

« Des réunions collectives à caractère politique »
Cependant, avant 1988, les rencontres ont été fréquentes. « Des réunions collectives à caractère politique », précise l'ancien patron du PS, qui insiste : « Je n'ai jamais eu aucun rendez-vous particulier avec lui et je ne l'ai jamais reçu chez moi. » Pour écarter tout soupçon, il ajoute encore qu'il n'a jamais vu Jean-Pierre Destrade avec Richard Moatti, homme d'affaires proche de Lionel Jospin. Moatti est mis en examen dans cette affaire depuis février 2000 pour « complicité d'abus de biens sociaux et recel de trafic d'influence ». Le Premier ministre conteste également formellement l'existence d'un rendez-vous à son domicile entre Richard Moatti, Jean-Pierre Destrade et lui-même, pourtant inscrit dans les agendas de Destrade. Ce rendez-vous n'a, selon lui, « jamais existé ».
Puis, le juge d'instruction entre dans le vif du sujet : « Avez-vous eu connaissance de la mission de Jean-Pierre Destrade ? » interroge-t-il. Ce dernier aurait été mandaté par le PS pour collecter des fonds occultes auprès de la grande distribution pour un montant estimé à 33 millions de francs. « Non, simplement par la presse », répond le Premier ministre. « Il m'est difficile de m'exprimer sur ce sujet, continue étrangement Lionel Jospin. Jean-Pierre Destrade dit beaucoup de choses et tout n'apparaît pas crédible », souligne-t-il. Le juge revient ensuite sur les déclarations de Jean-Pierre Destrade, qui a expliqué que le rôle de collecteur de fonds auprès de la grande distribution lui aurait été confié en 1986 par André Laignel, ex-trésorier du PS. « Je découvre cette proposition », assure Lionel Jospin, qui était pourtant alors patron incontesté du PS.
Le magistrat reprend également les déclarations de Gérard Monate, ancien dirigeant du bureau d'études Urba, qui a expliqué que Jean-Pierre Destrade avait été précédé par Claude Faux (mari de Gisèle Halimi), dans ce rôle de collecte de fonds. « Je ne dispose d'aucune information à cet égard », soutient Lionel Jospin. Même réponse négative lorsqu'il est interrogé sur la répartition des fonds entre le PS et le MRG.

« Un chef d'entreprise qui travaille pour lui-même »
La deuxième partie de l'entretien a été consacrée à Richard Moatti, très proche de Lionel Jospin, interdit de séjour à Matignon depuis le début de ses ennuis judiciaires. « C'est un ami personnel depuis le début des années quatre-vingt », confirme cependant le Premier ministre. Le juge lui demande s'il a été informé des « activités réelles » de son ami, accusé par Destrade d'avoir joué comme lui le rôle de collecteur de fonds auprès de Carrefour. Lionel Jospin répond : « Pour moi, Richard Moatti est un chef d'entreprise, qui travaille pour lui-même. »
Les deux hommes ont d'ailleurs visiblement échangé sur la question : « Il m'a indiqué n'avoir jamais eu ce type d'activités en dehors de ses propres affaires », précise le chef du gouvernement. « Est-ce qu'il vous a aidé financièrement pour les campagnes électorales de 1988 et 1993 ? » « Non, répond encore Jospin. Pas plus, d'ailleurs, qu'antérieurement. »
Entendu le lendemain, Pierre Moscovici, trésorier du PS entre 1992 et 1994, ministre délégué aux Affaires européennes, a également affirmé que, sous son autorité, « le financement du parti a toujours fonctionné dans le cadre de la loi ».
Après six ans d'instruction, le dossier Destrade pourrait être désormais bientôt clos. En ayant à peine effleuré Lionel Jospin.
Christophe Dubois, Le Parisien, mercredi 28 novembre 2001, p. 16

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Les extraits des agendas de M. Jean-Pierre Destrade, versés au dossier judiciaire, constituent à eux seuls un morceau d'histoire de la mitterrandie et de la jospinie. Ces carnets démontrent l'étendue des relations de œt ancien député, sans pour autant établir de liens avec son activité présumée de « collecteur de fonds ».
En 1987, les enquêteurs ont ainsi relevé cinq rencontres ou déjeuners avec Lionel Jospin, mais aussi un rendez-vous avec Pierre Joxe, puis un petit déjeuner chez Laurent Fabius.
En 1988, les rendez-vous s'espaœnt avec Lionel Jospin, mais il le voit encore à quatre reprises, notamment le 1er juillet et le 15 décembre, au ministère de l'Education nationale. Autres rendez-vous : un « buffet place Beauvau chez Pierre Joxe», deux rencontres avec Michel Charasse (ministre du Budget), un « déjeuner chez Jean Glavany avec François Mitterrand », un autre avec Michel Delebarre (ministre des Transports) et des réunions avec Henri Emmanuelli.

En 1989, Jean-Pierre Destrade croise encore Lionel Jospin (notamment le 26 juillet à son ministère), et toujours Pierre Joxe, Michel Charrasse. Henri Emmanuelli...
En 1990, de nouveaux noms apparaissent Le 27 juin. Il va à la garden-party du Premier ministre Michel Rocard. Le 4 juillet il rencontre Christian Sauter, secrétaire général adjoint de l'Elysée. Puis est mentionné un déjeuner « chez Jospin », contesté par ce dernier, et un dîner le 21 déœmbre.
En 1991, les rendez-vous se font plus rares.
L'agenda de 1992 a, lui, disparu ...
En 1993, de nouveau des rencontres avec Joxe, Glavany... Mais aussi le 16 juin, un rendez-vous avec Richard Moatti à la brasserie Solferino. C'est à œtte époque qu'apparaît le nom de Pierre Moscovici, qui a démenti toute participation à une opération illégale. Au passage, Destrade croise également le député Daniel Vaillant.
Autant de « connaissances » qui expliquent peut-être la relative mansuétude du PS, qui n'a jamais exclu de ses rangs Jean-Pierre Destrade, actuel conseiller général (PS) dans les Pyrénées-Atlantiques.
C.D., Le Parisien, 28 novembre 2001, p. 16

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Financement occulte du PS « Certains chargent mon mari pour s'exonérer »

POUR la première fois, Geneviève Destrade, l'épouse de Jean-Pierre Destrade, ancien député (PS) des Pyrénées-Atlantiques mis en examen dans le dossier de financement occulte du PS par des grandes surfaces, s'exprime.
Elle a été entendue vendredi dernier (25 janvier 2002) comme témoin à Pau par le juge Pons pour répondre d'accusations portées contre elle et son mari par le ministre de l'Agriculture.

Dans un courrier adressé au juge le 14 novembre 2001, Jean Glavany s'en prend violemment à votre mari qu'il dit « atteint de troubles psychologiques graves ». Quelle a été votre réaction ?

Geneviève Destrade.
J'ai essayé pendant des années de ne pas montrer ce que je ressentais. J'ai tenu à garder une certaine dignité. Cette lettre contient des contre-vérités et des propos tout à fait odieux. Comment un ami peut-il faire cela ?

Ce courrier a été écrit sur un papier à en-tête du ministère de l'Agriculture. Cette démarche est-elle, selon vous, individuelle ou a-t-elle été entreprise avec l'aval du gouvernement ?
Jean Glavany a expliqué avoir agi en « simple citoyen ». Dans ce cas-là, il aurait dû écrire sur un simple papier blanc. Je pense qu'il n'en a pas parlé à Lionel Jospin. Le Premier ministre ne l'aurait pas conseillé dans ce sens-là. Jean Glavany a commis une erreur politique car il se retrouve impliqué dans une procédure qui ne le concernait pas (NDLR : le ministre de l'Agriculture devrait être entendu comme témoin à son tour après accord du Conseil des ministres).

Avez-vous gardé des contacts avec Lionel Jospin ?
Le pouvoir éloigne des relations amicales antérieures mais c'est simplement parce qu'il est moins disponible. De plus, Lionel Jospin ne passe plus jamais ses vacances sur la côte basque. Enfin, je le voyais aux réunions du parti où je ne vais plus.

Selon Jean Glavany, le précédent juge chargé de ce dossier vous aurait dit que votre mari resterait en prison tant qu'il ne « donnerait » pas Henri Emmanuelli.
C'est grave, car tout est faux. J'avais téléphoné à Jean Glavany, mais aussi à d'autres proches, car je n'avais pas les moyens d'assurer la défense de mon mari. Mes amis personnels ont créé une association dans ce but. Je crois savoir que Jean Glavany y a participé. Je comprends d'autant moins ses dernières attaques contre nous. Il refait l'histoire. Il ment.

Que pensez-vous du système de financement des partis qui existait à l'époque où votre mari était chargé de la « collecte » auprès des grandes surfaces ?
Il ne faut pas oublier que jusqu'en 1990 il n'y avait pas de loi sur le financement politique. Tout ce qui se faisait ne pouvait donc qu'être illégal. En arrivant à la tête du parti, Henri Emmanuelli a immédiatement alerté le gouvernement pour que ces financements soient légalement définis. Malheureusement, les pratiques antérieures ont continué pendant six mois à un an après l'entrée en vigueur de cette loi.

Plus précisément, que pensez-vous du rôle de votre mari ?
Il est facile aujourd'hui de se retrancher derrière ses difficultés financières. C'est vrai qu'il a commis des erreurs. Mais certains l'ont « chargé » pour s'exonérer de toute responsabilité. Il faudrait qu'un jour des hommes politiques aient le courage d'assumer cette période.
Propos recueillis par Christophe Dubois, Le Parisien , lundi 28 janvier 2002, p.15



LE MONDE | 25.01.02 | 12h48
MIS A JOUR LE 25.01.02 | 15h25
Financement du PS  : M. Destrade assure avoir "sacrifié sa liberté pour ne pas nuire à M. Jospin"
L'ex-député veut être confronté à Jean Glavany.
L'ancien député (PS) des Pyrénées-Atlantiques Jean-Pierre Destrade a subitement durci le ton à l'égard des dirigeants socialistes. Dans deux entretiens successifs, accordés à RTL, jeudi 24 janvier, et au Figaro, vendredi 25 janvier, le personnage central de l'enquête sur le financement du PS par les grands groupes de distribution commerciale a pris à partie le ministre de l'agriculture, Jean Glavany, et émis plusieurs menaces implicites contre Lionel Jospin, à trois mois de l'élection présidentielle.

"J'ai su, par fidélité, me taire pour préserver les "miens", au sens politique du terme, en évitant que le système mis en place bien avant moi, et (auquel) j'ai participé, n'éclabousse le PS", déclarait-il ainsi dans Le Figaro, ajoutant avoir, en 1995, lorsqu'il fut placé en détention, "sacrifié [sa] liberté pour ne pas nuire à Lionel Jospin".

Sur RTL, M. Destrade avait affirmé son "entière fidélité au premier ministre" et rappelé qu'il ne l'avait "jamais mis en cause". "Je pense poursuivre cette fidélité dans son probable et prochain combat politique", concluait-il.

La colère de l'ancien député – qui reste conseiller général (DVG) – trouve son origine dans la lettre adressée par M. Glavany au juge d'instruction de Pau, Thierry Pons, le 14 novembre 2001, en guise de "témoignage écrit" et spontané. Le futur directeur de campagne de M. Jospin y prenait la défense d'Henri Emmanuelli, dont M. Destrade a assuré avec constance avoir été l'émissaire auprès des grandes surfaces, entre 1988 et 1992, lorsque celui-ci était le trésorier du PS.

Rapportant des déclarations qu'il attribue à l'ex-épouse de M. Destrade, M. Glavany évoquait les pressions qu'aurait exercées sur ce dernier, en 1995, le premier juge d'instruction chargé de l'affaire, Jean-Louis Lécué, afin d'obtenir la mise en cause de M. Emmanuelli. Le ministre de l'agriculture terminait sa lettre en invoquant les "troubles psychologiques graves", la "mythomanie" et la "relation maladive et irrationnelle à l'argent" dont souffrirait, selon lui, M. Destrade.

Cette démarche, que M. Glavany indiquait avoir entreprise "à la demande d'Henri Emmanuelli", avait conduit l'avocat de M. Destrade, Me Thierry Sagardoytho, à demander au juge la convocation du ministre de l'agriculture afin qu'une confrontation puisse être organisée. Annoncée depuis plusieurs semaines, l'autorisation du conseil des ministres – condition imposée par la loi à l'audition d'un ministre en qualité de témoin – n'a pas encore été donnée. Dans l'attente, le juge Pons devait interroger, vendredi après-midi, l'ancienne épouse de M. Destrade. Selon l'avocat de ce dernier, celle-ci conteste avoir été informée de pressions exercées sur ce dernier pour le pousser à mettre en cause des personnalités du PS. Le magistrat pourrait aussi convoquer son prédécesseur, M. Lécué, devenu substitut au parquet de Paris.

"ALLÉGATIONS"

S'indignant des "allégations" de M. Glavany, qu'il a considérées "d'autant plus graves qu'elles émanent d'un ministre en exercice, sur papier à en-tête de surcroît", M. Destrade a déclaré : "J'aurais préféré que certains de mes "amis" se gardent de tout propos diffamatoire (...). J'ai pu constater que certains d'entre eux avaient décidé de se laver les mains sur mon dos, oubliant totalement ma contribution sincère au PS."

Questionné à plusieurs reprises, durant l'instruction, sur la connaissance que pouvaient avoir les dirigeants du PS du "système" auquel il dit avoir pris part, M. Destrade a toujours certifié n'avoir eu de rapports, sur ce plan, qu'avec M. Emmanuelli. Lui-même interrogé en qualité de témoin, le 19 décembre, M. Jospin avait affirmé n'avoir "aucune connaissance" d'un financement occulte du parti dont il cessa d'être le premier secrétaire en mai 1988, soit au moment même où débuta la "mission" que M. Destrade assure avoir remplie (Le Monde du 1er décembre).

Hervé Gattegno

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.01.02

lundi 14 janvier 2002, 11h42

     Affaire Destrade: le juge demande une
     confrontation avec Glavany

                  BORDEAUX (Reuters) - Le juge d'instruction de Pau
                  (Pyrénées-Atlantiques), Thierry Pons, a accédé à la demande de
                  l'avocat de Jean-Pierre Destrade au sujet de l'organisation d'une
                  confrontation entre son client et Jean Glavany, apprend-on de
                  source judiciaire.

                  Selon Me Thierry Sagardoytho, qui en avait fait la demande par
                  lettre le 21 décembre, le juge Thierry Pons a fait une demande
                  auprès de la Chancellerie pour que "figure au cours d'un prochain
     conseil des ministres une demande d'autorisation d'entendre Jean Glavany à titre de témoin".

     Cette demande faisait suite à une lettre adressée dans le courant du mois de novembre au juge Pons par le
     ministre de l'Agriculture, dans laquelle Jean Glavany affirmait que le juge d'instruction de l'époque,
     Jean-Louis Lecué, avait fait pression sur Jean-Pierre Destrade, le menaçant de le maintenir en détention tant
     qu'il ne porterait pas des accusations contre le trésorier du PS au moment des faits, Henri Emmanuelli.

     Jean Glavany a dit détenir cette information de l'épouse de Jean-Pierre Destrade, Geneviève Destrade,
     laquelle, selon Me Sagardoytho, "réfute totalement avoir tenu ces propos".

     L'avocat ajoute qu'il a même demandé, "pour que le caractère mensonger de cette affirmation soit démonté",
     que soient entendus par le juge son prédécesseur, Jean-Louis Lecué, aujourd'hui premier substitut de la
     section antiterroriste au parquet de Paris, Geneviève Destrade, ainsi que le premier avocat de l'affaire,
     Philippe Moriceau.

     L'affaire Destrade, dont l'instruction dure depuis six ans et demi, a débuté par la mise en examen, pour trafic
     d'influence, de Jean-Pierre Destrade, qui affirme avoir collecté 33 millions de FF en faveur du PS auprès de
     la grande distribution jusqu'en 1992, alors qu'il avait été membre de la Commission d'urbanisme commercial
     (CUC), de 1981 à 1988.

     Une trentaine de personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier, dont Henri Emmanuelli et les
     P-DG de certaines des plus grandes chaînes de la grande distribution.

     Cette affaire a été marquée au début du mois de novembre dernier par l'audition à titre de témoin du Premier
     ministre Lionel Jospin. Le juge Pons s'était rendu à son domicile parisien.



28/01/2002
 Certains chargent mon mari pour s'exonérer »

                 GENEVIÈVE DESTRADE , épouse de Jean-Pierre Destrade mis en examen à Pau

POUR la première fois, Geneviève Destrade, l'épouse de Jean-Pierre Destrade, ancien député (PS) des Pyrénées-Atlantiques mis en examen dans le dossier de financement occulte du PS par des grandes surfaces, s'exprime. Elle a été entendue vendredi dernier comme témoin à Pau par le juge Pons pour répondre d'accusations portées contre elle et son mari par le ministre de l'Agriculture.
Dans un courrier adressé au juge le 14 novembre 2001, Jean Glavany s'en prend violemment à votre mari qu'il dit « atteint de troubles psychologiques graves ». Quelle a été votre réaction ?
Geneviève Destrade. J'ai essayé pendant des années de ne pas montrer ce que je ressentais. J'ai tenu à garder une certaine dignité. Cette lettre contient des contre-vérités et des propos tout à fait odieux. Comment un ami peut-il faire cela ?
Ce courrier a été écrit sur un papier à en-tête du ministère de l'Agriculture. Cette démarche est-elle, selon vous, individuelle ou a-t-elle été entreprise avec l'aval du gouvernement ?
 Jean Glavany a expliqué avoir agi en « simple citoyen ». Dans ce cas-là, il aurait dû écrire sur un simple papier blanc. Je pense qu'il n'en a pas parlé à Lionel Jospin. Le Premier ministre ne l'aurait pas conseillé dans ce sens-là.  Jean Glavany a commis une erreur politique car il se retrouve impliqué dans une procédure qui ne le concernait pas (NDLR : le ministre de l'Agriculture devrait être entendu comme témoin à son tour après accord du Conseil des  ministres).
Avez-vous gardé des contacts avec Lionel Jospin ?
Le pouvoir éloigne des relations amicales antérieures mais c'est simplement parce qu'il est moins disponible. De plus, Lionel Jospin ne passe plus jamais ses vacances sur la côte basque. Enfin, je le voyais aux réunions du parti où je ne vais plus.
Selon Jean Glavany, le précédent juge chargé de ce dossier vous aurait dit que votre mari resterait en prison tant qu'il ne  « donnerait » pas Henri Emmanuelli.
C'est grave, car tout est faux. J'avais téléphoné à Jean Glavany, mais aussi à d'autres proches, car je n'avais pas les moyens d'assurer la défense de mon mari. Mes amis personnels ont créé une association dans ce but. Je crois savoir que Jean Glavany y a participé. Je comprends d'autant moins ses dernières attaques contre nous. Il refait l'histoire. Il ment.
Que pensez-vous du système de financement des partis qui existait à l'époque où votre mari était chargé de la « collecte » auprès des grandes surfaces ?
Il ne faut pas oublier que jusqu'en 1990 il n'y avait pas de loi sur le financement politique. Tout ce qui se faisait ne pouvait donc qu'être illégal. En arrivant à la tête du parti, Henri Emmanuelli a immédiatement alerté le gouvernement pour que ces financements soient légalement définis. Malheureusement, les pratiques antérieures ont continué pendant six mois à un an après l'entrée en vigueur de cette loi.
Plus précisément, que pensez-vous du rôle de votre mari ?
Il est facile aujourd'hui de se retrancher derrière ses difficultés financières. C'est vrai qu'il a commis des erreurs. Mais certains l'ont « chargé » pour s'exonérer de toute responsabilité. Il faudrait qu'un jour des hommes politiques aient le courage d'assumer cette période. Propos recueillis par Christophe Dubois Le Parisien, lundi 28/01/2002


20 février 2002:
Jean Glavany, ministre de l'agriculture et directeur de campagne du candidat Lionel Jospin, a été confronté mercredi matin 20/02/2002(55:00) au palais de justice de Pau en tant que témoin, pendant plus de 4 heures dans le bureau du juge d'instruction aux époux Destrade. Le ministre a refusé de faire tout commentaire à sa sortie. Jean Pierre Destrade, ancien député PS est soupçonné d'avoir organisé un réseau de financement occulte. Il a effectué 8 mois de prison préventive. C'est à sa demande que Jean Glavany a été entendu. Ce tépoignage relance la procédure d'instruction. La venue à Pau de Jean Glavany en cette période électorale, est un évènement qui a été transformé en acte politique.

Jean Glavany, Ministre de l'agriculture et de la pêche:
Je suis un citoyen comme les autres, et quand on me demande mon aide pour faire, comment dire, révéler la vérité dans une affaire, c'est faire preuve de civisme que de venir témoigner.
 

33 MF de financement occulte 

1995, après 8 mois de prison préventive, Jean Pierre Destrave avoue avoir récolté des fonds occultes pour le parti socialiste, sur mission dit-il du trésorier de l'époque, Henry Emmanuelli. La confrontation reposait sur une lettre envoyé au juge par Jean Glavany. Le miniustre de l'agriculture rapporte une conversation qu'il aurait eu à l'époque avec Mme Destrade. Celle-ci lui aurait confié que le juge Lécué, qui instruisait l'affaire aurait fait pression sur son mari. Pour sortir de prison, Destrade devait je cite, "donner Emmanuelli".

Thierry Sagardo-Hito, avocat de JP Destrade:
Mme Destrade est restée très cohérente par rapport à elle même, et je pense que Mr Glavany ait refusé de la regarder dans les yeux, au moment où il s'est agit de vérifier ce qu'il alléguait, traduit davantage une gêne de sa part, que la démonstration que ce que dit Mr Glavany.

Journaliste:
Pour vous cette histoire de chantage, ça ne tient pas la route.

Jean Pierre Destrade:
A mon avis non.

L'épisode d'aujourd'hui n'a en rien fait avancer le dossier sur le fond. Après 7 ans d'instruction, une quarantaine de mises en examen d'hommes politiques, de chefs d'entreprises, on semble encore bien loin d'un procès dans cette affaire qui au grand plaisir de la droite, embarrasse le parti socialiste.



 
LE MONDE | 23.02.02 | 15h24
MIS A JOUR LE 25.02.02 | 15h04
Jean Glavany a été confronté à Jean-Pierre Destrade dans l'enquête sur le financement du Parti socialiste
Le directeur de campagne de Lionel Jospin a été interrogé en qualité de témoin, pour avoir évoqué des "pressions" exercées sur l'ancien député pour que celui-ci mette en cause Henri Emmanuelli.
LE CALENDRIER judiciaire et le calendrier politique ne cohabitent pas toujours avec bonheur. Encore ministre (PS) de l'agriculture pour quarante-huit heures avant de se muer en directeur de campagne pour Lionel Jospin, Jean Glavany a dû se rendre au tribunal de Pau (Pyrénées-Atlantiques), vendredi 22 février, pour y être confronté, en qualité de témoin, à l'ancien député (PS) du cru, Jean-Pierre Destrade, dans le cadre de l'enquête sur le financement du Parti socialiste par les grandes surfaces, entre 1988 et 1992.

Nullement compromettante en soi, puisqu'il n'était interrogé qu'en qualité de simple témoin - à l'inverse de M. Destrade, mis en examen depuis 1995 -, cette convocation a brièvement placé le ministre dans l'antichambre de l'"affaire Destrade" à un moment peu opportun pour lui. Encore l'avait-il lui-même suscitée, en adressant au juge d'instruction Philippe Pons un témoignage écrit, le 14 novembre 2001.

"Témoigner est un acte de civisme", a déclaré au Monde M. Glavany, au soir d'une confrontation qui a duré quatre heures, ajoutant qu'en dépit d'éventuelles interférences dans ses fonctions politiques - actuelles et imminentes -, il ne voyait pas "comment -il- pourrait regretter de s'être manifesté" auprès de la justice. "Dans cette affaire, je suis comme le citoyen qui est dans la rue et qui voit un accident, rien de plus", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'était "fixé pour règle de ne rien dire sur le contenu de [ses] déclarations au juge."De fait, les questions posées au ministre sont dénuées de lien direct avec les malversations financières et la collecte de fonds politiques occultes qui font l'objet de l'enquête. Elles ont trait à des "pressions" qu'aurait exercées sur M. Destrade le précédent juge chargé de l'affaire, alors que l'ex-député était incarcéré, en 1995.

"TÉMOIGNAGE MENSONGER "

Dans sa lettre du 14 novembre, M. Glavany affirmait en avoir été le témoin indirect, pour avoir été alerté par l'épouse de M. Destrade que le magistrat cherchait à obtenir de son mari la mise en cause de l'ancien trésorier du PS, Henri Emmanuelli. Le ministre de l'agriculture en déduisait que les accusations ultérieurement portées par M. Destrade contre M. Emmanuelli - et qui ont valu à ce dernier d'être mis en examen dans ce dossier, en 1998 - avaient pu être fortement sollicitées, et invoquait les "troubles psychologiques graves" dont souffrirait l'ex-député. Ces écrits avaient suscité la fureur de M. Destrade, qui avait, en retour, exigé une confrontation, puis déclaré au Figaro qu'il avait, en 1995, année de la précédente élection présidentielle, "sacrifié [sa] liberté pour ne pas nuire à Lionel Jospin" (Le Mondedu 26 janvier).

Vendredi, Mme Destrade a pris part à la confrontation, au cours de laquelle chacun semble avoir campé sur ses positions. L'avocat de M. Destrade, Me Thierry Sagardoytho, a accusé M. Glavany d'avoir livré un "témoignage mensonger" et assuré que certains éléments récemment recueillis "démontrent que ce qu'a dit [l'ex-député] est réel", sans toutefois préciser lesquels. Face au juge, Mme Destrade aurait indiqué avoir rencontré M. Glavany alors que son mari était en prison, mais aurait contesté les propos qu'il lui a prêtés. Elle a nié avoir voulu "prévenir" M. Emmanuelli, admettant : "Je supposais qu'un jour Henri serait mis en cause."

Hervé Gattegno

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.02.02




Présidentielle 2002

Glavany, pilier de campagne
L'ancien ministre de l'Agriculture veut rendre moins austère l'image du candidat socialiste.

Par Gilbert LAVAL

Le jeudi 28 février 2002
C'est en le croisant à la cafétéria de l'aéroport à Toulouse, un samedi du mois de novembre, que le conseiller général de Cintegabelle (Haute-Garonne) lui a demandé d'être son directeur de campagne. Le conseiller général de Maubourguet (Hautes-Pyrénées) n'a pas eu besoin de quarante-huit heures pour lui donner sa réponse: «J'ai vite fait le tour de la question. Et c'était oui, évidemment.» La proximité de Lionel Jospin et de Jean Glavany, élus du Sud-Ouest tous les deux, n'est pas seulement géographique. L'ex-ministre de l'Agriculture, devenu officiellement mardi directeur de la campagne présidentielle du toujours Premier ministre, explique qu'il y a de «l'amitié et de la confiance, aussi». Ce qui n'a pas toujours sauté aux yeux.

Tendresse. Jean Glavany est intarissable sur la photographie qui illustre Mitterrand Jospin et nous, son livre paru en 1998 (1). «C'est d'ailleurs la seule que Jospin a dans son bureau de Matignon», assure-t-il. Le cliché date de 1995. On y voit le chef de l'Etat et Lionel Jospin au Parc des Princes se pencher l'un vers l'autre et discuter. «Leurs têtes se touchent presque, ils sourient, tente de mimer Jean Glavany. Il y a une tendresse folle qui passe dans cette image.» Celui qui a été sept ans chef de cabinet du président de la République, jusqu'en 1988, n'en finit pas de recoller les morceaux entre la Mitterrandie et celui qui, en 1995, s'est prévalu de son «droit d'inventaire» sur le second septennat.

«Directeur de campagne, c'est un poste politique», croit-il utile de préciser. Un poste exposé aussi. La droite pourrait faire ses choux gras de ses démêlés avec la justice dans l'affaire Destrade, du nom de cet ancien député PS soupçonné d'avoir mis en place un réseau de financement occulte du Parti socialiste dans les années 90. Jean Glavany s'est rendu le 22 février dans le bureau du magistrat instructeur. «C'est faire preuve de civisme», dit-il. Mais avait-il le choix? Pour l'heure, cette affaire ne semble pas le tracasser. Il se consacre à son job de directeur de campagne. Et d'abord, rassembler les siens. Mais il a une tache à son plastron à effacer d'abord: le crime de lèse-Jospin commis en 1995, quand il lui a préféré Henri Emmanuelli comme candidat à la présidentielle. «C'était par légitimisme, n'en finit-il pas de répéter aujourd'hui, comme pour se justifier encore et encore. Emmanuelli était alors premier secrétaire du parti. Et Jospin m'avait désarçonné un an avant en me confiant, à moi et à quelques autres, qu'il voulait arrêter la politique.»

L'oeil clair qui s'arrondit sous le sourcil épais, il dit avoir tout de même «veillé à ce que cette campagne interne se déroule sans coups bas». Il évoque ainsi, au risque de faire hennir Emmanuelli lui-même, le «nombre de textes pas corrects» qu'il a pu alors envoyer à la corbeille (lire Libération d'hier). Si, au final, les résultats électoraux de Lionel Jospin n'ont pas été si mauvais, «j'y suis peut-être pour quelque chose», veut croire Jean Glavany. En tout cas, le «malentendu» de 1995 est levé: «Jospin m'a invité à déjeuner en 1997 pour me dire qu'il avait peut-être eu tort de croire qu'un conflit politique pouvait remettre en cause notre amitié.» C'est beau comme deux rugbymen qui se serrent la main après une partie de bouffes sous la mêlée...

Rugbyman. Les deux hommes sont de fait pétris de cette culture du sport collectif qui magnifie «loyauté et engagement». Sauf que Jospin le basketteur est peut-être moins porté aux embrassades de troisième mi-temps que Glavany le rugbyman. «Son comportement traduit le fond de sa pensée, réfléchit le directeur de campagne. La pudeur et la rigueur...» Il se souvient avec un sourire de Lionel Jospin refusant d'embrasser un enfant sous l'oeil des caméras lors de la rentrée scolaire 2001: «Il refuse, comme il dit, "d'instrumentaliser" les gens.» Sinon, poursuit-il, Jospin «est le contraire du type qui ne sait pas rire». Colorier un peu l'image du protestant austère qui colle au Premier ministre fera aussi partie de son travail. Et Jean Glavany, qui a amené Lionel Jospin l'été dernier en virée sur son bateau avec des copains et du vin rouge ne désespère pas d'y réussir.

Gourmand. Quoique né dans les Hauts-de-Seine en mai 1949 et diplômé de l'IEP à Paris, le naturel de ce sportif lauréat du trophée de «l'homme gourmand» l'a conduit à aller se poser dans les Hautes-Pyrénées en 1986. Quand il y échoue aux législatives de 1988, sa fédération paraît persuadée qu'il va repartir vers Paris. «Mais j'y suis toujours. J'y milite, je vais aux réunions...» Il a été élu maire de Maubourguet en 1989, député en 1993 quand tous ses amis étaient battus, et il préside aujourd'hui l'agglomération de Tarbes. «Et j'y retourne, quand je peux, tous les week-ends.»

Le Sud-Ouest est son bonheur. Il adore aussi Toulouse. Renoncer à aller y disputer la dernière municipale à l'UDF Philippe Douste-Blazy ne lui a pas été facile. Pourtant, explique-t-il, c'est Lionel Jospin et François Hollande qui lui avaient demandé de s'y coller. Et aller «taper» cet adversaire-là l'aurait régalé: «C'était magnifique d'avoir Douste-Blazy pour opposant dans ma région quand il était maire de Lourdes. Il ne foutait rien, il ne connaissait pas ses dossiers...» Mais si l'élu de Maubourguet a finalement jeté l'éponge, c'est, dit-il, qu'il lui aurait été «moralement insupportable» de quitter les Hautes-Pyrénées. De dire à ses électeurs: «Merci de m'avoir aidé à devenir ministre, mais j'ai autre chose de mieux à faire ailleurs.» De «faire du Douste-Blazy», conclut-il avec un revers de main. Le directeur de campagne peut avoir, comme ça, des comportements et des exigences morales qui le feraient jumeau de son champion.
(1) Grasset, 17,99 euros.



Ce qui est encore plus ennuyeux, c'est que si la presse s'est bien excité sur la droite, il semble que sur la gauche celle-ci est plus timide. Il est vrai qu'avec l'affaire ELF/Dumas, ils en ont attrapé plein la gueule. Mais à mon avis ce dossier est très loin d'être bouclé, et on pourrait découvrir encore quelques cadavres planqués dans les placards, dont on a d'ailleurs parlé à la télé, mais tout le monde ignorait l'existence de liens avec ELF.
S'il y a des volontaires pour me communiquer des informations, vérifiables et légales, je suis preneur, car ma page est un peu légère à mon goût.

Tête-à-tête entre le juge Pons et Lionel Jospin, qui s'est déroulé le mardi 20/11/2001 entre 19 h 30 et 21 heures, tient en deux pages. Le Premier ministre a été entendu comme témoin à son domicile personnel, rue du Regard à Paris (VIe arrondissement). Le juge d'instruction voulait recueillir ses explications sur une affaire de financement occulte du PS et de l'ex-MRG par la grande distribution. Principal accusateur : Jean-Pierre Destrade, ex-député (1981-1988) et ancien porte-parole du PS.
 

 samedi 11/2001, Lionel Jospin, Premier Ministre et conseiller général de Cintegabelle en Haute-Garonne demande à Jean Glavany s'il accepte d'être son directeur de campagne. Il répondra positivement dans les 48 heures.

Mardi 26/02/2002  Jean Glavany, ex-ministre de l'Agriculture, est nommé officiellement directeur de la campagne présidentielle du Premier ministre, Lionel Jospin.

Source: Le Monde 15/05/2001



 
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